L’être humain est doué d’une capacité d’adaptation sans égale. une capacité de refus, de rejet et de fermeture aussi. Mais lorsqu’il s’ouvre à l’autre, son semblable, cette âme qui lui offre un miroir déformant peut être l’amorce d’une relation d’une richesse incomparable. Dans ce qu’il révèle de nous, l’autre est égoïstement précieux, il nous aide à nous surpasser dans nos actes, à sublimer nos émotions, à aller au-delà de nous -mêmes. Mais lorsque nous aussi, à notre tour, nous offrons à l’autre un regard nouveau sur lui-même, une opposition fructueuse, lorsque nous l’obligeons à ne plus se satisfaire d’évidences, quelque chose naît là d’incomparable, de magique, d’éblouissant, car notre intelligence du cœur comme de l’esprit nous pousse à adhérer à l’autre pour davantage que l’instinct strict de sauvegarde de l’espèce. Read the rest of this entry »
Aspiration
Il y a quelques mois, mon cœur s’éveillait sur une expérience oubliée du manque, du désir ou de l’attente, sentiments flous et brouillons d’un cœur de retour à la vie. C’est un autre genre de manque qui le saisit aujourd’hui. Un manque d’amour, un manque d’un amour lointain et par trop éloigné, un manque abyssal et aigu, cruel, sidérant.
La solitude n’est finalement criante que lorsqu’elle tranche avec l’union, avec le partage, avec la communauté d’un bonheur retrouvé. Toutes ces années passées seules à parfois ressentir l’esseulement n’étaient rien comparées à ces attaques de manque et de déchirement du cœur parce que l’objet de cet amour n’est pas là. Pleurer ce manque est le prix à payer pour ressentir et se laisser porter par l’amour, en fait, non, ce manque n’existe que parce que par ailleurs il y a la plénitude, la joie voire même la félicité de la complétude avec l’autre, du sentiment d’un lien unique en train de se tisser et dont on voudrait qu’il ne se rompe jamais. Aimer, entièrement, profondément, c’est accepter de vivre toutes ses émotions les plus vives pleinement, c’est accepter de revivre à soi et à l’autre, intensément.
The Voice
Fin de journée, fin de semaine, Paris. Entre chien et loup, dans la douceur d’un printemps annoncé, je traverse le Pont Mirabeau. Derrière l’immeuble qui a abrité mes premières années, des effilés de nuages roseyants et lumineux s’étirent. Dans mes oreilles, un titre que je redécouvre : La Voix humaine, de Catherine Major, artiste québecoise découverte à la faveur d’une première partie de concert de Maurane, il y a quelques années.
Sa mélodie, entêtante et modulée, me porte vers la voix de l’homme que j’aime, qui me manque… Sa voix chaude, chantante, chahuteuse aussi parfois. Humaine.
Chabada
Son après-midi de travail n’en finissait plus, la concentration lui manquait, tant il lui manquait. Elle avait rendez-vous avec sa voix, son souffle, son rire.
Il avait surgi dans sa vie telle une bourrasque au printemps, prévisible mais inattendue. Quelques échanges avaient suffi à les révéler presque inséparables, alors que des centaines de kilomètres les éloignaient.
Une belle soirée de discussion l’attendait, elle était prête. Le sourire aux lèvres, la démarche assurée, presque fière, elle quitta son lieu de travail.
Elle n’avait pas encore franchi les portes de sortie qu’il l’appela. Lui non plus ne pouvait attendre davantage. Ils échangèrent quelques mots puis il eut une phrase étrange, pénétrante et intrigante… puis la communication se fit lointaine… et sa voix de plus en plus proche.
Elle arrêta son pas. Elle se retourna. Il était là. Il avait traversé la France pour donner corps à leur histoire, elle n’arrivait pas à le croire…
L’hiver de son cœur n’avait que trop duré, les bourgeons de son amour ne demandaient maintenant qu’à éclore…
Le prix du passé
Au dehors défilent les lumières de la ville à travers le reflet de la jeune fille assise en face d’elle. A la descente, une armée de bottes et de manteaux calfeutrent des corps grégaires avançant en lignes vers la sortie. Passée la porte de la station, une bourrasque d’air frais et revigorant l’escorte sur les quelques mètres d’asphalte brillant d’humidité qu’elle doit parcourir. Encore une grille, encore une porte, bientôt elle pourra baisser les armes.
Emportée par le vent, soulevée par la vague…
Emportée par le vent du Nord, je m’étais plongée à corps perdu dans La Septième Vague. Soulevée par la vague, je m’étais laissée porter par la suite des aventures de Leo et Emmi, brutalement interrompues au terme du premier ouvrage… Noyée par mes activités professionnelles, j’en ai oublié de retranscrire mon enthousiasme.
Se laisser porter par le vent
Quelques heures ont suffi pour que l’histoire de Leo et Emmi fasse partie de ma vie. Réussite magistrale, proximité immédiate, identification parfaite. Il a fait fort. Comme tant d’autres je me suis laissée prendre. Read the rest of this entry »
Te regarder
Aujourd’hui tu étais contrarié, en colère. Ton ton, habituellement doux et parfois confus, était plus accentué, plus net, plus tranchant. Comme nous disputions d’un choix, j’essayais de faire valoir mon point de vue. J’étais là au mauvais moment. Il te fallait faire sortir tout cela. Étrangement sereine, j’en profitais pour m’approcher, pour détailler tes mains, le coin de ton œil, tes lunettes un peu passées. J’avais envie de poser ma main sur la tienne pour t’apaiser. Je ne pouvais pas. Alors quand tu as presque frappé du poing sur la table, je t’ai souri largement. Surpris, ton regard était fixe. Tu as peut-être cru que je me moquais. Mais j’ai poursuivi, je t’ai parlé doucement, presque tendrement. Tu as besoin qu’on t’entende, tu as besoin qu’on partage, mais ta fonction te laisse seul et incompris. Un jour peut-être j’oserai te le dire. Mais je ne peux pas, mais je ne dois pas. Je peux seulement te parler sincèrement, te sourire, et espérer voir briller tes yeux.
Ce soir
Ce soir je pleure cette épaule qui se dérobe, ce regard que je cherche, cette tendresse qui s’évanouit
Ce soir ma plainte est laide, ma plainte est longue, ma plainte est lourde
Ce soir les heures du jour me pèsent, les soucis s’accumulent, l’horizon s’assombrit
Ce soir je pleure seule et cette fois cette solitude m’oppresse
Ce soir je pleure et personne ne me viendra en aide.
Irma la douce
Lundi en fin de journée, j’en ai déjà plein les pattes. J’appelle une de mes collègues-et-néanmoins en moins amie pour une petite pause avant de m’éclipser de mon lieu de labeur quotidien. Et puis, ni une ni deux, me voilà embarquée dans Paris pour une soirée promotionnelle en bonne compagnie. Read the rest of this entry »

